Pourquoi Isack Hadjar pourrait tirer son épingle du jeu chez Red Bull en 2026
L’arrivée d’Isack Hadjar chez Red Bull en 2026 ne ressemble à aucune autre promotion récente au sein de l’écurie autrichienne. Contrairement à Pierre Gasly, Alex Albon ou Yuki Tsunoda, Hadjar semble bénéficier d’un capital confiance inédit.
Le discours interne, les déclarations publiques et la manière dont son parcours est mis en avant suggèrent que Red Bull ne le considère pas comme un simple deuxième pilote potentiel, mais comme un projet à part entière. C’est un élément fondamental.
Un soutien plus fort que pour ses prédécesseurs
Red Bull, Helmut Marko particulièrement, n’a jamais été connue pour sa patience. La filière a broyé autant de carrières qu’elle en a révélées. Mais dans le cas d’Hadjar, le ton est différent. Il est encensé par le staff, présenté comme un talent brut à polir, et surtout comme un investissement à long terme.
Gasly n’avait pas ce statut. Albon non plus. Perez encore moins, puisqu’il n’était pas issu de la filière. Même Tsunoda, pourtant soutenu par Honda, n’a jamais été considéré comme un futur leader de projet.
Avec Hadjar, la logique semble autre : Red Bull veut qu’il réussisse.
Un timing idéal : 2026 remet les compteurs à zéro
Hadjar arrive au moment le plus stratégique possible. La réglementation 2026 bouleverse complètement les repères : nouvelles voitures, nouvelle philosophie aérodynamique, nouveaux équilibres moteur/électrique.
Max devra donc, lui aussi, repartir à zéro, concernant le matériel à sa disposition. Il devra réapprendre.
Bien sûr, Verstappen conserve un avantage colossal : la connaissance de l’équipe, de ses méthodes, de ses ingénieurs, de ses processus. Mais il perd un atout clé : sa compréhension intime de la philosophie des monoplaces actuelles.
C’est précisément là que Hadjar peut réduire l’écart structurel. Il ne partira jamais à égalité avec Verstappen. Ce dernier jouit d’une position de force chez Red Bull et d’une confiance inébranlable de son staff.
Une autorité construite sur la piste et en dehors et qu’il est bien difficile de contester. Cela dit, il partira moins loin derrière que n’importe quel autre rookie aurait pu le faire dans un cycle réglementaire stable.
Un changement de management qui change tout
L’un des éléments les plus sous-estimés de cette transition est le départ de Christian Horner et l’arrivée de Laurent Mekies.
Horner avait une politique claire : tout pour Verstappen. Le deuxième pilote n’était qu’un outil, rarement une priorité. Sergio Pérez a lui-même affirmé que Horner lui aurait confié que, s’il le pouvait, il ne ferait courir qu’une seule voiture.
Cette culture a produit un système toxique pour les coéquipiers. Perez peut ainsi en témoigner.
Mekies, à l’inverse, a déjà montré une approche plus équilibrée. Lorsqu’il est arrivé, il a rapidement fait en sorte que Tsunoda bénéficie de pièces que Verstappen utilisait depuis plusieurs courses. Résultat : un léger rapprochement des performances.
Ce détail est capital. Il indique que la structure Red Bull pourrait cesser d’être une pyramide à sommet unique. Et Hadjar en serait le premier bénéficiaire.
Red Bull doit préparer l’après-Verstappen
C’est un autre point fondamental. Verstappen ne sera pas éternel chez Red Bull. Preuve en sont ses discussions avancées avec Mercedes en 2025.
Rien ne dit non plus que la monoplace 2026, avec l’inconnue Ford qui plus est, sera à la hauteur. Verstappen pourrait vouloir voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Néerlandais a par ailleurs déclaré qu’il pourrait très bien quitter tout bonnement la Formule 1 si la nouvelle réglementation technique 2026 ne lui convenait pas.
Autant de points qui fragilisent l’idée selon laquelle il est lié à la marque de boissons énergétiques à jamais.
L’équipe autrichienne prendrait un gros risque en poursuivant cette politique d’équipe centrée uniquement autour du quadruple champion du monde.
Si Red Bull se trompe de stratégie, elle pourrait se retrouver sans Verstappen et sans plan B. Or, Isack Hadjar pourrait bien être ce plan B.
Ce que Hadjar devra absolument éviter
Tout cela ne signifie pas qu’Hadjar sera à la hauteur de Verstappen, mais il dispose vraisemblablement de plus de clés pour mieux s’en sortir que Sergio Perez ou encore Yuki Tsunoda.
Il devra :
- Ne pas chercher la comparaison direct avec Max Verstappen
- Construire ses week-ends intelligemment, course après course
- Se concentrer sur ses réglages et sa monoplace
- Accepter la progression plutôt que la confrontation
Il a lui-même dit qu’il ne s’attendait pas à battre son prestigieux équipier, ce qui est un bon point de départ.
Red Bull ne cherche pas un nouveau Verstappen. Elle cherche un futur pilier. Isack Hadjar sera-t-il celui-là ?
