Il y a 30 ans, la F1 s’apprêtait à rejoindre Melbourne. Débuts de Villeneuve, Schumacher chez Ferrari.
Il y a 30 ans, la Formule 1 s’apprêtait à disputer la première édition du Grand Prix d’Australie à Melbourne, sur l’Albert Park. Un nouveau circuit pour entamer la saison 1996 et des changements majeurs parmi les écuries de pointe. Arrivée de Jacques Villeneuve, transfert choc de Michael Schumacher chez Ferrari tandis que Jean Alesi rejoignait Benetton avec plein d’espoir. Avant le départ de la première course, les transferts et les bouleversements de l’intersaison avaient déjà redessiné la hiérarchie.
Michael Schumacher : un champion du monde au départ chez Ferrari
L’année 1995 s’était soldée par un second titre consécutif de Michael Schumacher sur Benetton Renault. Une lutte pour le titre sous tension avec Damon Hill, faite de controverses, notamment à Spa-Francorchamps, où l’Allemand avait résisté à la limite au Britannique, vaincu et mécontent.
Schumacher avait défrayé la chronique en annonçant son départ chez Ferrari où il allait faire équipe avec Eddie Irvine, transfuge de Jordan Peugeot. Un transfert surprise qui permettait à Jean Alesi de rejoindre l’équipe championne du monde, Benetton.
Les espoirs déçus chez Benetton
L’Avignonnais allait enfin disposer d’une machine fiable, qui lui faisait cruellement défaut à la Scuderia. Beaucoup d’occasions manquées pour Jean, en raison d’innombrables problèmes techniques, malgré une première victoire salvatrice à Montréal.
Son équipier et ami Gerhardt Berger le rejoignait dans l’écurie de Flavio Briatore. Les ambitions étaient alors très grandes. L’ex duo Ferrari briguait le titre mondial, ni plus ni moins, légitimement.
Objectif titre chez Williams
Chez Williams Renault, on accueillait Jacques Villeneuve, fils de Gilles, champion IndyCar 1994 et brillant vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis. Le jeune Québécois avait limé le bitume durant toute la saison 1995 en essais privés, à une époque où les limitations kilométriques n’existaient pas. Une bonne préparation qui allait porter ses fruits lors de la manche d’ouverture de la saison. Damon Hill repartait le couteau entre les dents en 1996 avec la ferme intention d’aller chercher ce titre qui se refusait à lui depuis deux ans.
Les autres équipes en veulent aussi
Mika Häkkinen, pas encore remis de son effroyable accident à Adelaïde, en fin de saison 95, rempilait chez McLaren Mercedes et accueillait David Coulthard, qui troquait sa combinaison Williams pour les couleurs de l’équipe de Woking, alors rouges et blanches.
Jordan Peugeot recrutait Martin Brundle, qui sortait d’une bonne saison chez Ligier, malgré une alternance avec Aguri Suzuki. L’expérimenté britannique posait ses valises dans l’écurie irlandaise et rejoignait la star montante Rubens Barrichello.
Olivier Panis continuait avec son écurie de cœur, Ligier, toujours avec le moteur Mugen Honda, et faisait équipe avec un transfuge de Forti : Pedro Diniz. Le Brésilien était davantage recruté pour son généreux sponsor, Parmalat, que pour son coup de volant, mais le choix ne se révèlera pas si mauvais sur le plan sportif.
Chez Sauber Ford, le pilote maison, Heinz-Harald Frentzen était à nouveau à la barre, secondé par le vainqueur de 2 Grands Prix chez Benetton en 95, Johnny Herbert.
Tyrrell gardait un line-up inchangé avec le Finlandais Mika Salo, révélation de l’année précédente, et Ukyo Katayama, un peu décevant après une brillante saison 94. L’écurie de Ken Tyrrell faisait de la résistance, motorisée par un modeste bloc Yamaha.
Au sein de l’écurie Footwork, Jos Verstappen, futur père de Max, était repêché après le fiasco de l’aventure Simtek, qui jetait l’éponge en début de saison 1995. Il faisait équipe avec le vice champion de Formule 3000 sortant, le Brésilien Riccardo Rosset.
La sympathique équipe Minardi alignait le portugais Pedro Lamy, 6ème du dernier Grand Prix de la saison passée et Giancarlo Fisichella. Le Japonais Taki Inoue devait initialement être de la partie mais le tremblement de terre de Kobe ayant affaibli le siège de son sponsor principal, Giancarlo Minardi décidait de s’en séparer avant le début de la saison. Le jeune espoir italien Fisichella était donc promu à sa place.
Enfin, Forti reprenait du service après une première saison difficile en fond de grille, mais avec un financement très fragile qui ne lui permettra pas de terminer la saison. Les deux compagnons de galère, Andrea Montermini et Luca Badoer, étaient les deux pilotes engagés par l’écurie de Guido Forti.
Forfait pour Pacific
Pacific décidait de jeter l’éponge après un exercice 95 douloureux, bien qu’un peu meilleur que l’année précédente. L’écurie de Keith Wiggins y a cru jusqu’au bout mais les difficultés financières ont eu raison de la présence de la petite structure.
Ce sont donc 11 équipes et 22 pilotes qui embarquaient pour Melbourne, où le Grand Prix était prévu le 10 mars 1996.
La règle des 107% : une présence sur la grille au mérite !
Enfin, au chapitre des nouveautés, l’introduction de la règle des 107 %, qui imposait à tous les concurrents de réaliser un chrono dans les 107% de la pole position, sous peine de se voir refuser le départ pour la course. Une règle pensée pour éviter de revivre les exemples Pacific et Forti, parfois à 10 tours des leaders en 1995.
Une saison 1996 qui consacre Damon Hill et Williams Renault
Jacques Villeneuve signera la pole position à Melbourne. Sa première pole position pour son premier Grand Prix. Mais il devra laisser gagner Damon Hill le lendemain après une alerte mécanique en fin de course.
Au terme de la saison 1996, il ne restera plus que 10 écuries, Forti ayant jeté l’éponge en début de saison. Damon Hill sera sacré pour la première et unique fois champion du monde, et l’association Alesi/Berger/Benetton sera la déception de l’année, avec aucune victoire et des performances bien loin de l’année précédente.
Michael Schumacher brillera de mille feux en rouge avec 3 victoires mais toujours de gros problèmes de fiabilité, marque de fabrique de la Scuderia à cette époque.
Lorsque les feux rouges s’éteindront ce dimanche 8 mars pour l’édition 2026 du Grand Prix d’Australie, ça fera presque 30 ans.
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