Mercedes, personne n’était dupe…
Toto Wolff avait beau jouer la méfiance et assurer voir en Red Bull et Ferrari les favoris de la saison 2026, personne, dans le paddock, n’était dupe, à commencer par Mercedes eux-mêmes. Auteurs d’un coup de bluff mal aux allures de secret de polichinelle, ils ont fini par dévoiler leurs cartes restées en dessous de la pioche.
George Russell infligeait ainsi une véritable correction au reste du peloton avec plus de 7 dixièmes d’avances sur Isack Hadjar, 3ème. Et Kimi Antonelli aurait pu être plus près du Britannique si une sortie de piste en EL3 n’avait pas un peu ébranlé sa confiance.
Le sourire de Toto Wolff lors des EL3 ce matin semblant nous dire « eh eh, on vous a bien eu » ne trompait personne. Unanimement ou presque, les pilotes des autres équipes avaient déjà désigné Mercedes comme le favori clair et net de la saison 2026. Tout du moins des premiers Grand Prix. Les données GPS, d’une précision permettant ce type d’analyse, indiquaient que la W17 était à l’aise et rapide dans tous les types de virages à Bahreïn.
Mais c’est lors de la troisième séance d’essais libres que les chrono ont vraiment commencé à parler avec un Russell loin devant les autres.
Ca y est, on le sait, Mercedes dispose d’un avantage énorme sur ses concurrents. On peut mettre l’écart sur le compte de la polémique concernant le taux de compression ou pas, cela ne change rien. Le constat est là, implacable et impitoyable. Les flèches d’argent évoluent dans une autre catégorie.
Alors qu’est-ce qu’on fait me direz-vous ? Eh bien c’est maintenant que Ferrari, Red Bull et McLaren vont devoir éprouver leurs capacités de développement et amener des évolutions efficaces afin de grapiller, petit à petit, des centièmes, des dixièmes de seconde sur les monoplaces de la marque à l’étoile.
Problème : Mercedes aussi amènera de nouveaux éléments, de nouveaux package et enclenchera aussi le bouton développement tout au long de la saison.
Ce sera donc à ceux qui sauront le mieux assimiler la nouvelle réglementation technique. Optimiser la gestion de l’énergie, l’aérodynamique active, ou, qui sait, introduire une nouveauté révolutionnaire que les autres s’empresseront de tenter de faire interdire, avant de la copier.
Bref, c’est un éternel recommencement. A chaque changement drastique de normes techniques, on en a un plus malin que les autres qui, audacieusement, flirte avec les limites réglementaires sans les dépasser ou, tout du moins, sans laisser l’impression de les dépasser.
Il sera intéressant, cette année, de voir comment les équipes concurrentes réagiront. Intéressant aussi, en attendant une réaction d’orgueil, de suivre le duel entre George Russell et le jeune Antonelli, peut-être encore un peu tendre, mais qui a donné bien du fil à retordre au Britannique en fin de saison dernière.
Attention, George, tout ne sera peut-être pas si facile.
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