Portraits

Marcus Ericsson : un certain talent mais un handicap de taille


Marcus Ericsson n’a jamais réellement marqué la Formule 1 de son empreinte. Assez discret, parfois brouillon, le Suédois pouvait néanmoins tenir honorablement son rang dans un bon jour. C’est toutefois après son départ de la Formule 1 que sa carrière a décollé, outre-Atlantique, dans le championnat IndyCar, où il s’est brillamment illustré. En point d’orgue, une victoire lors des prestigieux 500 Miles d’Indianapolis en 2022.


Des débuts douloureux chez Caterham

C’est en 2014 que Marcus Ericsson effectue ses débuts en Formule 1 chez Caterham Racing. Malheureusement, l’écurie est aux abois et la monoplace ne décolle pas du fond de grille. Marcus doit par ailleurs faire face à un handicap qui le pénalisera beaucoup, de son propre aveu, durant sa carrière : son gabarit.

Mesurant plus d’1 mètre 80, le pilote suédois devait composer avec un handicap de poids difficile à chiffrer sur la piste mais bien réel. Il est même allé jusqu’à se priver de boisson dans son cockpit afin d’alléger un peu la monoplace.

Difficile, dans ces conditions, d’espérer sortir du lot, qui plus est au volant d’une monoplace calamiteuse. Il est, de fait, largement dominé par Kamui Kobayashi, son compagnon de galère, et même par son équipier d’un jour, l’Allemand André Lotterer. Il parviendra à ne devancer le pilote japonais qu’à quatre reprises durant la saison en qualifications et sera largement distancé en course.


Les premiers points chez Sauber

Une première saison difficile qui lui ouvrira malgré tout, bien aidé par de généreux sponsors, les portes de Sauber. Globalement dominé par son équipier Felipe Nasr, Ericsson ne démérite pas pour autant et rentre à plusieurs reprises dans les points, notamment en deuxième partie de saison où il devance assez régulièrement son équipier. Il est battu de justesse en qualifications par son Nasr sur la saison, 10 à 9, mais plus nettement en course, terminant 18e du championnat du monde avec seulement 9 points, contre 27 pour Nasr. Un écart dû en partie à des problèmes techniques plus fréquents de son côté du garage.



Plus rapide que Nasr mais un score vierge au championnat

Il rempile chez Sauber en 2016 et domine cette fois Nasr sur la piste, même si le bilan comptable ne le montre pas. Au volant d’une monoplace décevante, c’est le Brésilien qui inscrit, in extremis, les deux seuls points de la saison lors d’un Grand Prix chaotique au Brésil.

L’histoire retiendra qu’Ericsson aura été battu au championnat, mais il fut bel et bien plus performant que Nasr sur l’ensemble de la saison, tant en qualifications, avec un score de 13 à 7 à son avantage, qu’en course, où il termine généralement devant son équipier lorsque les deux pilotes rallient l’arrivée. Généralement mais pas à Interlagos en fin de saison ou Felipe marque les deux seuls points de l’année pour Sauber. Mauvais timing pour le Suédois.


Une année 2017 encore compliquée

Cela suffit à lui conserver la confiance de l’écurie suisse pour l’année suivante. Il subit alors la loi de son nouvel équipier, le jeune espoir Pascal Wehrlein. S’il est dominé par l’Allemand, il ne démérite pas, au volant d’une Sauber toujours aussi peu performante, et n’est jamais très loin de son équipier.

7 à 11 en qualifications en défaveur d’Ericsson qui n’inscrira pas le moindre point, pour la deuxième année consécutive. Cependant il est confirmé pour 2018, qui sera sa dernière saison en Formule 1. Et pour cause…


Une dernière saison dans l’ombre de Leclerc

Charles Leclerc rejoint l’équipe de Frédéric Vasseur et la messe est dite pour le Suédois, qui parvient sporadiquement à battre son illustre équipier en qualifications mais subit une domination sans partage du Monégasque, certes pas le premier venu. Une dernière saison au cours de laquelle il commet de nombreuses erreurs et peine souvent à sortir de la Q1, pendant que son équipier brille de mille feux. Il est ainsi remercié en fin de saison et trouve refuge outre-Atlantique, dans le championnat IndyCar.

Il connaîtra plus de réussite aux États-Unis, remportant quatre courses, et pas des moindres, puisqu’il monte sur la première marche du podium lors des 500 Miles d’Indianapolis en 2022. Cela reste probablement le plus grand moment de sa carrière en sport automobile.

Depuis 2024, les bons résultats se font plus rares pour Ericsson et la saison 2026 pourrait être décisive pour son avenir en IndyCar.

Marcus Ericsson n’aura donc pas marqué l’histoire de la Formule 1 par ses résultats, mais le bilan comptable aurait pu être meilleur sans son handicap de poids et un certain manque de réussite, ajoutés à des monoplaces globalement peu performantes.

Les statistiques ne le disent pas forcément non plus, mais il n’a pas été « explosé » par Felipe Nasr ou Pascal Wehrlein chez Sauber. La mécanique n’a pas souvent été tendre avec lui et explique en partie ces revers.

Son départ en IndyCar fut salvateur et couronné de succès avec, à ce jour, quatre victoires et une dizaine de podiums.


Marcus Ericsson en quelques chiffres

Nombre de Grand Prix disputés : 97

Premier Grand Prix : Australie 2014

Dernier Grand Prix : Abu Dhabi 2018

Nombre de saisons en F1 : 5

Ecuries successives : Catheram (2014), Sauber (2015, 2016, 2017 et 2018))

Meilleur résultat en qualifications : 6ème au Brésil en 2018

Meilleur résultat en course : 8ème en Australie en 2015

Meilleure position occupée en course : 6ème en Italie en 2015 et à Bahrein en 2018


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