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Quatre secondes dans la vue : l’alerte rouge lancée par Stroll


L’effet Adrian Newey devait symboliser le nouveau départ d’Aston Martin. Pour l’instant, c’est surtout le chronomètre qui parle… et il n’est pas tendre.

Après les premiers essais hivernaux à Bahreïn, Lance Stroll n’a pas cherché à enjoliver la situation. Selon le Canadien, l’AMR26 accuse un retard qui pourrait atteindre quatre à quatre secondes et demie sur les équipes de tête.

Un constat brutal, surtout compte tenu des attentes immenses entourant la première monoplace conçue sous l’ère Newey.


Un lancement déjà compliqué

La nouvelle Aston Martin avait suscité la curiosité lors de son premier roulage à Barcelone, pendant la semaine de shakedown. Mais ce premier contact avec la piste s’était déjà fait dans la douleur.

L’AMR26 n’avait roulé que le quatrième jour sur cinq. Résultat : cinq tours seulement pour Stroll avant une immobilisation prématurée.

À Bahreïn, le programme n’a pas été beaucoup plus fluide.
Stroll a couvert 36 tours lors de la première journée, dont seulement trois après la pause déjeuner. Aston Martin et Honda ont détecté une anomalie dans les données, nécessitant une analyse approfondie.

Dans le paddock, Honda n’est déjà pas considéré comme la référence actuelle du plateau. Dans ce contexte, chaque souci prend une dimension supplémentaire.

Fernando Alonso a pour sa part bouclé 80 tours, mais son meilleur chrono reste à plus de 4,6 secondes du temps de référence signé par Charles Leclerc en 1’34’’273. Le constat est là.


Quatre secondes à trouver

Interrogé sur les chances de rattrapage avant le Grand Prix d’Australie, Stroll a été d’une franchise rare :

Je ne sais pas. Honnêtement, là tout de suite, on a l’air d’être à quatre secondes des équipes de pointe, quatre secondes et demie.

Il nuance immédiatement :

C’est impossible de savoir quels niveaux de carburant utilisent les autres et ce genre de choses, mais oui, pour l’instant, on doit essayer de trouver quatre secondes de performance, donc on verra.

Trouver quatre secondes en trois semaines ? Même en essais hivernaux, le chiffre interpelle et l’aveu de Lance Stroll éveille l’inquiétude.


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Une voiture nerveuse et instable

Au-delà du chrono, le comportement de la voiture pose question. Les rétrogradages semblent particulièrement délicats. Lance ne tourne pas autour du pot :

Ce n’est pas génial pour le moment, c’est sûr. On n’arrive pas à faire comme Max Verstappen. Si on descend deux rapports de suite, tout se bloque et c’est la toupie assurée.

Difficile d’être plus clair.

Quand on lui demande si ces difficultés relèvent d’un simple manque de roulage ou d’un problème plus profond, le Canadien reste prudent : le temps le dira. Il glisse même une pointe d’ironie :

Il fait beau dehors. Le temps est agréable. Meilleur qu’au Royaume-Uni.

Humour de circonstance… mais inquiétude bien réelle chez les observateurs, les supporters et l’équipe elle-même/


Un problème global, pas un détail isolé

Selon Stroll, il n’y a pas un problème majeur mais un ensemble.

C’est une combinaison de choses. Le moteur, l’équilibre, le grip. Ce n’est pas un seul élément. C’est un ensemble.

Autrement dit : le déficit est structurel. Et comme souvent en Formule 1, il n’existe pas de solution magique.

Je ne pense pas que le temps au tour tombe du ciel, vous voyez ? Il faut améliorer la voiture, le moteur. Ce sont des choses classiques en F1. Quand on est derrière la concurrence, il faut réfléchir à la manière d’extraire davantage de ce qu’on a, et en même temps continuer à améliorer.

Il rappelle également que personne n’attend :

Personne ne reste immobile dans ce milieu. Tout le monde cherche de la performance de toutes les façons possibles, chaque week-end, tout le temps. Nous, on essaie d’extraire plus de performance chaque jour de la voiture, tout en réfléchissant aussi à plus long terme, en apportant des évolutions côté groupe propulseur comme côté châssis.

La conclusion reste lucide :

On verra en Australie où on se situe, puis on verra au fil de la saison comment on progresse. On pousse aussi fort que possible, et c’est tout ce qu’on peut faire pour l’instant.


Entre attente démesurée et réalité du chrono

La semaine précédente, Fernando Alonso évoquait déjà un possible début de saison “un peu derrière ses rivaux”.
Le discours de Stroll est nettement plus direct.

Avec l’arrivée de Newey et le début d’un nouveau cycle réglementaire, l’espoir était immense. Pour l’instant, l’AMR26 semble davantage en phase d’apprentissage que prête à bousculer les cadors.

Bahreïn n’est qu’un point de départ mais quatre secondes, même en février, ça ne s’efface pas d’un coup de baguette magique.

A moins d’un hypothétique et peu vraisemblable retournement de situation, Aston Martin semble bien mal embarqué pour, a minima, le début de championnat 2026.


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