Alpine sous pression après la dégringolade
La saison 2025 d’Alpine aura été un chemin de croix. Il s’agit du plus mauvais classement de l’équipe de Viry-Châtillon depuis son arrivée en F1. A un moteur Renault en fin de vie, une monoplace mal née, et un organigramme encore nébuleux s’est ajoutée un changement de line up discutable sur le fond et la forme.
Alpine se retrouve, à l’aube de la saison 2026, sous pression.
Une dégringolade aux origines structurelles
Se maintenant régulièrement autour de la 4e/5e place au championnat constructeurs pendant plusieurs années, l’équipe ex-Renault, devenue Alpine en 2021, n’a cessé de dégringoler au classement à partir de 2022, pour terminer bonne dernière la saison passée.
Difficile d’expliquer avec certitude les raisons de ce naufrage, mais la valse des directeurs démontre une certaine incapacité à mettre en place une structure solide. Alpine a vraisemblablement besoin de stabilité, et elle en manque cruellement depuis maintenant plusieurs années.
Nous ne nous lancerons pas ici dans un comptage des directeurs s’étant succédé à la tête de Renault/Alpine, mais on a parfois le sentiment d’avoir davantage entendu parler de l’écurie française pour son turnover que pour ses bons résultats.
L’éclaircie Ocon et l’affaire Piastri
Il y en a eu, pourtant, et la victoire d’Esteban Ocon en 2021 à Budapest laissait entrevoir un avenir radieux qui n’arrivera pas, malgré Fernando Alonso. Malgré, aussi, un binôme solide Gasly/Ocon, qui n’aura certes pas échappé à quelques frictions, mais qui aura fait le boulot sérieusement.
Le summum du pathétique a été atteint en 2022, lorsqu’Alpine annonçait l’arrivée d’Oscar Piastri pour la saison suivante, suivie d’un démenti formel du principal intéressé, en partance chez McLaren. Oscar doit en rigoler encore aujourd’hui et se réjouir du dénouement passé.
Un incroyable micmac qui illustre bien le « nœud » Alpine. Une équipe qui a jusqu’à là accumulé les bourdes et maladresses, particulièrement dans la gestion de ses effectifs.
2025 sera l’année noire, avec un Pierre Gasly démuni face à une monoplace capricieuse et désespérément lente, alors que le second baquet se retrouvait partagé entre Jack Doohan, encore très peu soutenu, puis Franco Colapinto, qui a fait ce qu’il a pu, sans démériter mais sans éclats.
Flavio Briatore, l’homme de la situation ?
L’arrivée de Flavio Briatore l’an passé portera-t-elle ses fruits ? Pour l’heure, on ne peut pas dire que le travail du fantasque Italien soit couronné de lauriers.
On sait cependant qu’il faut du temps, en Formule 1, pour voir éclore les premiers résultats d’un travail de fond.
Toujours est-il qu’il y a des raisons d’espérer a minima mieux pour l’année prochaine. La redistribution des cartes annoncée suite à l’entrée en scène de la nouvelle réglementation technique (voir notre dossier) et l’arrivée d’une motorisation Mercedes pourraient placer Alpine sur orbite.
Cap sur 2026 et après avec Mercedes
Le fait que Pierre Gasly, tout sourire, ait signé jusqu’en 2028 indique peut-être des signes positifs en coulisses. Peut-être que le Français dispose d’informations que nous n’avons pas.
Il faut le souhaiter pour le navire tricolore. Navire qui a sérieusement pris l’eau en 2025 et qui devra être parfaitement rénové pour repartir en croisade avec plus de succès.
Souhaitons-le, ne serait-ce que pour Pierre Gasly. Le Français a fait preuve d’une grande résilience durant la saison dernière et mériterait de voir son acharnement et son attitude positive récompensés.
Alpine démarre au pied du mur en 2026 et n’aura pas un droit éternel à l’erreur, sous peine de subir le même sort que bien d’autres avant elle.
