Les meilleurs équipiers de Max Verstappen
Pilote clivant mais reconnu par bon nombre de ses pairs comme le meilleur en activité, Max Verstappen a transformé le deuxième baquet Red Bull en véritable poste maudit. Il faut dire que les récents exemples de Perez, Tsunoda ou Lawson ne sont pas de nature à rendre le rôle d’équipier du Néerlandais de tout repos. Mais parmi eux, lesquels s’en sont le mieux sortis ?
Débuts en F1 face à un Carlos Sainz coriace
Carlos Sainz fut le premier équipier de Max Verstappen et, à expérience égale dans la catégorie reine, il reste, encore aujourd’hui, l’un de ceux qui en ont le moins pris ombrage.
En 2015, chez Toro Rosso, Carlos battait ainsi de peu Max dans l’exercice des qualifications sur l’ensemble de l’année : 10 à 9 pour l’Espagnol.
En course, le bilan comptable – 49 à 18 – fut en faveur du Néerlandais, mais Sainz dut composer avec de nombreux problèmes mécaniques l’ayant fortement handicapé. Le rapport de force penchait du côté de Max Verstappen, mais restait relatif. En termes de performances, Carlos s’en tirait en réalité plutôt bien et son niveau durant ce championnat ne se reflète pas dans le classement final.
Arrivée chez Red Bull et première confrontation avec Ricciardo
Début 2016, le duo reste le même mais Verstappen commence à prendre l’ascendant, aussi bien en qualifications (3/1 en sa faveur) qu’en course (13 points contre 4 pour Sainz), avant qu’il ne prenne la place de Kvyat au Grand Prix d’Espagne face à Daniel Ricciardo, la star de l’équipe.
Il marque immédiatement son territoire en remportant la course, pour sa toute première apparition avec l’équipe autrichienne. Certes, les deux invincibles Mercedes se sont auto-sabordées. Certes, il a bénéficié d’une excellente stratégie de course, à l’inverse de son équipier, mais cela reste un véritable exploit à ce stade de sa carrière.
Max paie sa fougue et sa jeunesse, en commettant de nombreuses erreurs durant la saison, et s’incline 11 à 6 face à Ricciardo dans l’exercice des qualifications. Cependant, on cerne déjà le talent hors normes du tout jeune pilote qui, quand tout est aligné, réalise des performances admirables, à l’image de ses deux deuxièmes places au Japon.
Un duel sans merci avec Ricciardo avant de prendre l’ascendant
C’est sans surprise que le Batave est confirmé pour l’année suivante et c’est le début d’un duel acharné avec Daniel Ricciardo, qui lui tiendra tête en 2017 avant de décliner largement l’année suivante.
Sur le plan comptable, le duel en qualifications tourne à l’avantage de Max en 2017 : 13 à 7.
En course, en revanche, Daniel met à profit son expérience et termine 5e du championnat avec 200 points contre 168 pour le Néerlandais, qui le suit au 6e rang au classement du championnat du monde.
L’année 2018 marque un point de rupture dans le duel entre les deux pilotes Red Bull. Verstappen commence à prendre l’ascendant et quelques frictions apparaissent, notamment à Bakou où, après plusieurs changements de ligne de Verstappen, les deux monoplaces de l’équipe se percutent et finissent au tapis. Red Bull se refusera à se prononcer sur les responsabilités de l’un ou de l’autre, malgré les zigzags de Verstappen.
L’année penche largement en faveur de Verstappen sur tous les plans : 14/6 en qualifications et 249 points contre 170. C’en est trop pour Ricciardo qui, sentant peut-être le danger d’une équipe Red Bull tout acquise à la cause de son protégé, s’envole vers Renault et signe avec la marque au losange pour 2019.
À partir de là, aucun équipier ne parviendra à supporter, même légèrement, la comparaison avec Max Verstappen.
Gasly et Albon se relaient sans succès
Pierre Gasly est le premier à s’y casser les dents. Promu chez Red Bull après une excellente première saison complète chez AlphaTauri, le pilote français peine à se faire entendre au sein du team et enchaîne les contre-performances. Il parvient à devancer une seule fois son équipier en qualifications et, au soir du Grand Prix de Hongrie, alors qu’il n’occupe que la sixième place du championnat avec 63 points, tandis que son équipier est, lui, troisième avec 181 points, il est rétrogradé chez AlphaTauri et remplacé par Alex Albon.
C’est donc le Thaïlandais qui hérite du cadeau empoisonné de deuxième pilote Red Bull et il subira le même sort que Gasly après une saison et demie, largué par son chef de file.
En 2019, il n’inscrit que 29 points contre 181 pour Verstappen. Un écart énorme qui ouvrira grand la porte à Sergio Perez, pilote expérimenté et donc, sur le papier, mieux armé pour épauler le Néerlandais.
Sergio Perez : des poles, des victoires, mais en souffrance
Malheureusement, le Mexicain subira, lui aussi, le tsunami orange. Même s’il parviendra, durant ses quatre années au sein de l’équipe, à signer trois pole positions et à remporter quatre Grands Prix, la domination de Verstappen sera cinglante et ce dernier ne lui laissera que quelques miettes.
En 2023, il fera cela dit illusion durant les premières courses, rivalisant timidement avec Max Verstappen jusqu’à Miami où, pourtant parti en pole position, il se fait déposer par son leader qui s’élançait 9ème. On ne reverra plus le Mexicain aux avant-postes à partir de ce jour-là.
Sergio Perez expliquera plus tard les difficultés à être l’équipier du quadruple champion du monde. Il rapportera notamment des propos que Christian Horner lui aurait tenus :
On va courir avec deux voitures parce qu’on doit avoir deux voitures, mais ce projet a été créé pour Max, c’est notre talent.
Des mots qui peuvent donner une indication, effectivement, sur la difficulté d’être le pilote de la seconde Red Bull.
Liam Lawson et Yuki Tsunoda, ses dernières victimes
Après d’excellents débuts chez Racing Bulls en remplacement de Ricciardo, Liam Lawson est, un peu prématurément, titularisé pour 2025 aux côtés de l’ogre Verstappen.
Après seulement deux courses difficiles, largement insuffisantes pour pouvoir juger de ses facultés, il est remplacé par un Yuki Tsunoda affamé et gonflé à bloc. Mais l’appétit ne suffira pas à combler l’écart sur la piste, même si, à partir du départ de Horner, remplacé par Mekies à la tête de l’écurie, le pilote japonais a semblé plus écouté et traité avec un peu plus d’équité. Toujours est-il qu’il termine le championnat avec 33 points contre 421 pour le quadruple champion du monde.
Isack Hadjar : des raisons d’être optimiste ?
Ce sera au prometteur Isack Hadjar qu’incombera la lourde tâche de faire face à Verstappen l’an prochain. Une tâche ô combien difficile, mais avec des raisons d’être un peu plus optimiste, avec la venue de Laurent Mekies.
En effet, la donne semble avoir changé avec le directeur français, vraisemblablement plus enclin à considérer la deuxième voiture de l’équipe comme il se doit. Peut-être que la perspective de l’après-Verstappen incite également à plus d’ouverture…
Max Verstappen domine sans partage ses équipiers depuis Daniel Ricciardo. Il est par ailleurs au centre d’une équipe parfaitement rodée et centrée autour de lui, comme l’était Michaël Schumacher en son temps. 2026 marquera t-il une rupture dans cet état de grâce ? Isack Hadjar réussira t-il à exister face au quadruple champion du monde ?
