Analyses

Lando Norris peut-il garder son titre ?


Au terme d’une saison riche en rebondissements et indécise jusqu’au bout, Lando Norris a remporté son premier titre de champion du monde. Disposant certes d’une arme redoutable avec la McLaren MCL-39, le pilote britannique est parvenu au but ultime. Ce succès aura-t-il agi comme un tremplin pour un Lando Norris libéré, désormais lancé sur orbite ?


Un numéro 1 lourd à porter

Lando Norris, désormais membre du club très fermé des champions du monde en activité, verra pour la première fois sa monoplace frappée du numéro 1. Un numéro qu’il va falloir défendre, mais dont la sauvegarde ne dépendra pas que de lui.

La McLaren était au-dessus du lot la saison passée. Globalement à l’aise sur tous les circuits, elle a permis à ses deux pilotes de lutter pour le titre, mais rien ne dit qu’il en sera de même en 2026.

La possible redistribution des cartes pourrait bouleverser la hiérarchie établie et rien ne dit que l’équipe de Woking sera en mesure d’offrir à Norris une monoplace lui permettant de défendre son titre.



Le virage technique 2026 à négocier

Introduction de l’aérodynamique active, monoplaces plus légères et à empattement plus court, suppression du DRS, entre autres : des changements lourds qui vont demander aux équipes et aux pilotes une force d’adaptation singulière pour sortir du lot.

McLaren est-elle capable de négocier brillamment cette révolution technique ? La réponse est évidemment oui, et son passé, récent ou plus ancien, le démontre. Mais aura-t-elle mieux travaillé que les autres, impossible à affirmer.

Il y a donc une première incertitude qui ne dépend pas du pilote mais de l’équipe.


La question du mental

On a parfois vu un Lando Norris craquer sous la pression l’année passée, avec quelques bévues, dont une très lourde de conséquences à Montréal, lorsqu’il percutait son équipier dans une manœuvre maladroite, ou à Las Vegas lorsque, parti en pole position, il ratait son freinage et laissait la voie libre à Max Verstappen.

Des erreurs que l’on peut imputer à son inexpérience de la lutte pour le titre, même s’il l’avait effleurée l’année précédente, mais qui ne pardonneront pas en cas de duel plus serré, surtout en face de Verstappen.


Un déclic après un premier titre ?

Mais il est permis de penser que son titre l’a libéré. On sait Lando Norris très bon, mais peut-on l’imaginer exceptionnel, maintenant lesté d’une pression qui ne sera jamais aussi forte qu’elle l’a été auparavant ?

Et surtout, sera-t-il capable de rivaliser avec Max Verstappen dans l’hypothèse d’une relative égalité de performance entre McLaren et Red Bull ?

Lando devra aussi gérer un Oscar Piastri revanchard, qui a prouvé qu’il fallait compter sur lui, jusqu’à son incompréhensible fléchissement en fin de saison.


Lando Norris devra composer la saison prochaine avec une McLaren dont on ne connaît pas aujourd’hui le niveau de performance.

Son sort ne dépendra donc pas uniquement de lui, mais si sa monoplace se montre à la hauteur des attentes, il sera observé de près et jugé plus sévèrement, comme l’est un champion du monde. Il n’aura plus l’excuse de découvrir la lutte pour le titre.

S’il est impossible de dire s’il a ou non pris une nouvelle dimension, Lando Norris aura réussi ce que peu ont réussi avant lui : remporter un titre de champion du monde. Cela lui donnera une certaine autorité sur une majorité de ses concurrents.


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