Fernando Alonso et Aston Martin : vers une impasse ?
Fernando Alonso a rejoint l’aventure Aston Martin avec de grandes ambitions. 2026 devait être l’année du renouveau avec l’arrivée d’Adrian Newey, mais les récents essais de Bahreïn ont montré une situation nettement moins réjouissante. La nouvelle AMR26, radicale dans sa conception, navigue à plus de quatre secondes des meilleurs. L’un des meilleurs pilotes de la grille s’apprête à démarrer la saison au volant d’une monoplace, pour l’instant loin du compte, en attendant un miracle à travers des évolutions salvatrices ?
Aston Martin : une première année pleine d’espoirs
Le double champion du monde a quitté Alpine fin 2022 pour franchir une étape dans sa carrière et viser à moyen terme un troisième titre mondial avec Aston Martin. Le projet, porté par Lawrence Stroll, s’annonçait ambitieux.
Une première année excellente avec les verts, au cours de laquelle Fernando est monté à huit reprises sur le podium, avec une quatrième place finale au championnat et 206 points. Les deux années suivantes seront nettement moins glorieuses : zéro podium et un total de 126 points sur les deux saisons.
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Une révolution Newey annoncée et avortée
Cela dit, l’arrivée d’Adrian Newey fin 2024 était de bon augure et Fernando Alonso allait enfin disposer d’une monoplace à la hauteur de son immense talent. L’ingénieur britannique, concepteur des monoplaces les plus dominantes des dernières décennies, allait concevoir l’arme absolue qui permettrait au pilote d’Oviedo de se battre pour la victoire.
Malheureusement, passé l’effet de surprise des lignes radicales de l’AMR26 à Barcelone, le soufflé est rapidement retombé. Un déficit de performance en apparence énorme a défrayé la chronique à Bahreïn.
De la bouche même de Lance Stroll, l’équipier d’Alonso, l’Aston Martin 2026 accuse un retard de 4 à 4,5 secondes sur Mercedes et Red Bull. Un retard qui, s’il se confirme, pourrait être difficile, voire impossible, à combler.
L’AMR26 peine dans quasiment tous les domaines. Stabilité au freinage, manque de grip, problèmes d’intégration et déficit en puissance du bloc Honda. La conception agressive de la nouvelle monoplace, liée à d’évidentes carences du côté du motoriste japonais : un cocktail des plus regrettables pour l’équipe britannique et Alonso.
Le potentiel est peut-être là, bien enfoui, et l’équipe est possiblement en train d’essuyer les plâtres d’une conception avant-gardiste qui paiera à moyen ou long terme, mais le constat est là.
Un remake de l’époque McLaren Honda ?
Pour Fernando Alonso, on ne peut pas ne pas se rappeler de l’épisode McLaren Honda qui, sur bien des points, ressemble à celui-ci. Un moteur Honda, un projet annonciateur d’une grande aventure, et puis la douche froide dès les premiers tours de roue. En poussant un peu, on retrouve également Jenson Button dans l’aventure, ainsi que Stoffel Vandoorne.
Il faut espérer, pour le pilote espagnol, qu’Aston Martin n’est pas en train de préparer un remake de cette peu glorieuse épopée en coulisses.
Fernando Alonso n’abdique jamais
Les verts pourront en tous les cas compter sur un Fernando qui ne lâche rien et ne se démobilise jamais. Le double champion du monde est toujours à fond, à chaque séance, à chaque Grand Prix, qu’il soit en lutte pour la vingtième ou la première place. Un trait de personnalité rare chez les pilotes de Formule 1, encore plus avec près de 25 ans de carrière et deux titres de champion du monde.
Nul doute que cette qualité bénéficiera à Aston Martin et pourra peser dans la balance. À moins que le poids des années aidant, Fernando Alonso perde un peu de sa motivation et finisse par jeter l’éponge. Un scénario pas impossible dans ce contexte.
