Où en est la France dans la Formule 1 2026 ?
La France tient une place importante dans l’histoire de la Formule 1, aussi bien du côté des constructeurs, que des pilotes ou des circuits. Il n’y a plus de Grand Prix de France depuis 2022 et plus de moteurs français depuis l’année passée mais Isack Hadjar, Pierre Gasly et Esteban Ocon portent avec brio les couleurs tricolores sur les circuits. Laurent Mékiès et Cédric Vasseur, quant à eux, dirigent deux des équipes les plus prestigieuses de la F1 actuelle.
La France, pays de Formule 1
La France, brillamment représentée notamment par Alain Prost et Renault fut une nation majeure en Formule 1. Des victoires, des titres, des courses mémorables. Le drapeau tricolore a été associé à de nombreuses aventures victorieuses par le passé. Qui n’a pas encore en mémoire la grande épopée Renault dans les années 90, avec Williams et Benetton ? Les quatre titres de Prost ? Le mémorable Grand Prix de France 1999 sous une pluie battante ? Le rôle politique majeur joué par Jean-Marie Balestre ? Et la liste est longue.
Alors que 2026 s’annonce comme un point de bascule majeur pour la discipline, où se situe réellement la France en Formule 1 ?
3 pilotes, 3 destins
Les représentants tricolores ont tous trois un profil sensiblement différent.
- Esteban Ocon, le plus ancien des trois, a débuté en 2016 chez Manor et s’est rapidement fait une place dans le peloton. Le Français, auteur d’une mémorable victoire à Budapest en 2021, a rejoint l’écurie Haas en 2025 et rempile pour 2026 après une saison correcte mais dans l’ombre de son équipier Bearman. En proie à des difficultés d’adaptation à sa monoplace à partir de la mi-saison, Esteban a semble-t-il trouvé la solution lors de la dernière manche à Abu Dhabi après un retour marqué dans les points et devant son équipier. Un signal encourageant pour l’an prochain où il aura fort à faire face au jeune prodige britannique.
- Pierre Gasly, en Formule 1 depuis fin 2017, a lui aussi déjà remporté un Grand Prix. C’était à Monza en 2020 et le pilote français vise un nouveau chapitre victorieux. Il disposera cette année, chez Alpine, d’un moteur Mercedes qui pourrait lui permettre, accouplé au changement drastique des normes techniques, de renouer, qui sait, avec la victoire. Alpine travaille depuis le début de saison dernière sur la monoplace à venir. Un atout potentiel non négligeable. Un pilote français victorieux au volant d’une monoplace française : une image que l’on aimerait revoir, depuis Olivier Panis à Monaco 1996.
- Isack Hadjar a fait ses débuts dans la catégorie reine l’an dernier et, après une entrée en matière douloureuse, s’est magistralement repris, amenant même sa Racing Bulls jusque sur la troisième marche du podium aux Pays Bas. Souvent cité comme meilleur rookie de l’année, Isack a livré une première saison impeccable, au point d’être choisi par Red Bull pour rejoindre Max Verstappen. La tâche sera ardue pour le jeune français mais l’entrée en lice des nouvelles règles techniques et le besoin pour Red Bull de préparer l’après Verstappen pourraient l’aider. L’objectif ne sera pas de viser immédiatement le titre., mais de construire intelligemment ses week-ends de course, sans trop se préoccuper de l’autre côté du garage. Si Red Bull a réussi son partenariat avec Ford, Hadjar pourrait bien être notre meilleure chance de victoire française cette année.
La France a donc, avec ses 3 pilotes, un joli brassage entre expérience et talent. Il leur manque actuellement une monoplace capable de remporter des courses.
Alpine, une équipe au creux de la vague
Après une saison catastrophique, terminée à une lointaine dernière place au championnat des constructeurs, Alpine aura pour mission de redresser nettement la barre cette année. L’équipe n’avait plus connu une telle chute au classement depuis son retour sous bannière Alpine, illustrant l’ampleur du chantier.
L’arrivée du moteur Mercedes est de bonne augure et la monoplace 2026, sur laquelle l’équipe travaille depuis près d’un an, pourrait être celle d’un retour au premier plan. Suffisamment pour renouer avec la victoire, 5 ans plus tard ?
Renault, la fin d’une aventure
Le Grand Prix d’Abu Dhabi était le dernier du moteur Renault en f1. Un dernier Grand Prix bouclé dans l’anonymat le plus complet, en fond de classement. Après avoir occupé une position centrale en Formule 1 pendant plusieurs décennies, le motoriste français quittait piteusement la scène. On garde en mémoire le glorieux palmarès en tant qu’équipe et motoriste. Une dernière saison qui restera surtout comme un épilogue discret et douloureux.
La France sans Grand Prix depuis 2022
Symbole fort de la place de notre pays dans la discipline, la France reste absente du calendrier. Pourtant berceau historique de la Formule 1 et nation fondatrice du sport, elle ne dispose aujourd’hui d’aucune manche à domicile.
Le Castellet n’a pas été reconduit en 2023, les projets alternatifs n’ont jamais vraiment abouti, et les discussions évoquées ces dernières années n’ont pas dépassé le stade des intentions. Faute d’un circuit capable de porter un projet solide financièrement et politiquement, et face à une F1 tournée vers des marchés plus lucratifs, le Grand Prix de France semble relégué au second plan.
C’est un manque évident pour les fans français, privés de ce rendez-vous national. La France fut pourtant l’une des grandes nations de Formule 1.
Au-delà de la dimension symbolique, cette absence traduit aussi une réalité économique : sans soutien politique fort, modèle financier viable et volonté claire de la FOM, la France ne fait tout simplement plus partie des priorités de la Formule 1 moderne.
Vasseur et Mekies, deux figures françaises à la tête d’équipes majeures
Si la France n’a pas d’équipe actuellement au premier plan, ce sont bien deux Français qui dirigent les équipes Ferrari et Red Bull. Frédéric Vasseur et Laurent Mékiès se connaissent bien puisqu’ils ont travaillé ensemble chez Ferrari.
Mékiès a été nommé directeur de l’écurie Red Bull en remplacement de Christian Horner et assure pour l’heure brillamment son rôle. Sous son autorité, l’équipe autrichienne a semblé gagner en constance et en équité sportive, puisque plus d’importance est donnée depuis son arrivée au second pilote, jusque là négligé par Horner. Laurent a un objectif clair : faire de l’association Red Bull Ford un duo gagnant et remporter le championnat du monde.
Vasseur, après avoir rejoint Renault puis dirigé Sauber avec un certain succès, a été nommé à la tête de Ferrari fin 2022. Après deux bonnes saisons, le Français est au cœur des polémiques suite à une saison 2025 catastrophique de la Scuderia Ferrari. Il joue probablement sa place cette année.
La France reste donc une nation paradoxale en Formule 1 : profondément ancrée dans l’histoire de la discipline, riche de talents et encore influente dans les coulisses, mais privée aujourd’hui d’équipe dominante, de motoriste et même de Grand Prix.
Entre héritage glorieux et présent plus fragile, elle avance désormais sans garantie, mais avec encore quelques cartes en main : des pilotes compétitifs, des dirigeants de top teams et un savoir-faire technique reconnu. Reste à savoir si cela suffira, dans cette F1 en pleine mutation, pour conserver une place à la hauteur de son histoire… et, peut-être, écrire un nouveau chapitre tricolore.
