Analyses

Lewis Hamilton : pourquoi le nouveau règlement pourrait tout relancer ?


Lewis Hamilton sort d’une saison catastrophique sur le plan personnel avec aucune victoire ni même aucun podium. A une Ferrari capricieuse se sont ajoutées des difficultés d’adaptation du septuple champion du monde, qui sortait d’une dizaine d’années au sein de Mercedes. A la veille de la saison 2026, il y a des raisons d’espérer beaucoup mieux pour les mois à venir, notamment grâce à la nouvelle réglementation technique.


Une première saison difficile en rouge

Lewis Hamilton n’aura fait mieux que quatrième au cours de ce difficile exercice 2025, même si, au milieu de ce bourbier, figure une éclaircie notable avec sa victoire en Sprint à Shangaï. Il reste le seul pilote Ferrari a avoir terminé premier d’une course cette année. Certes en format Sprint.

L’adaptation aux freins Brembo montés sur la SF-25, après plus de 10 ans chez Mercedes, dont les monoplaces s’équipent chez Carbone Industrie, est l’une des explications données par l’intéressé.


Des causes plus profondes ?

Cependant, bien au delà de cette acclimatation douloureuse à un nouveau système de freinage, qui a probablement accentué ses difficultés, Lewis Hamilton semble avoir perdu un peu de sa magie depuis l’arrivée des F1 à effet de sol en 2022. Certes il nous a encore gratifié de quelques coups de génie, ici et là, mais s’est trouvé en souffrance face à George Russell durant leurs 3 années de collaboration, puis encore plus face à Charles Leclerc cette année.

Mettons de côté les sempiternels refrains sur l’âge du pilote ou l’idée qu’il soit surcoté car tout a déjà été dit à ce sujet, avec plus ou moins de pertinence.



L’effet de sol, un handicap de poids pour Hamilton

Le pilote britannique s’est à plusieurs reprises plaint des monoplaces à effet de sol, en particulier dans les phases d’entrée de virage. Ces monoplaces génèrent une grande partie de leur appui par le plancher, ce qui rend leur comportement très dépendant de la hauteur de caisse et de la stabilité aérodynamique.

Or, cette génération de voitures se caractérise par une fenêtre de fonctionnement étroite, avec des variations d’équilibre parfois brutales lorsque l’appui du fond plat décroche. Hamilton a expliqué manquer de confiance dans l’avant, notamment lorsque la voiture est chargée en carburant ou évolue dans des conditions de grip changeantes.

À cela s’ajoute une rigidité structurelle accrue et un poids élevé, qui accentuent l’inertie et limitent la capacité du pilote à “sentir” la limite. Ces contraintes n’affectent pas tous les pilotes de la même manière, mais elles ont clairement pesé sur l’exploitation du potentiel de la voiture par Hamilton depuis 2022.

Lewis Hamilton n’a jamais caché sa frustration vis-à-vis de la génération actuelle de monoplaces à effet de sol. Avant le Grand Prix du Qatar 2025, il déclarait ainsi :

Oui, je pense que nous sommes tous impatients de tourner la page sur cette génération de voitures. Elles sont très frustrantes à piloter.


Le pilote Ferrari aime avoir un train avant très précis ainsi qu’une monoplace qui accepte une attaque franche en entrée de virage. Il apprécie aussi avoir un équilibre stable au moment du transfert de charge au freinage.

Or, l’effet de sol impose des monoplaces plus lourdes, plus rigides et dotées d’une fenêtre aérodynamique étroite, avec un retour d’information moins progressif à l’avant.


La Scuderia Ferrari et l’obligation de résultats

Cela n’explique vraisemblablement pas exclusivement les difficultés actuelles du septuple champion du monde mais c’est un paramètre primordial qui peut avoir une importance essentielle.

Par ailleurs, c’est l’année ou jamais pour Ferrari qui se retrouve au pied du mur et qui a l’obligation de se montrer à la hauteur en 2026. On peut penser que la Scuderia aura su réagir, bien menée par Frédéric Vasseur, et aura par ailleurs tiré des leçons de sa gestion humaine des pilotes. On a encore en mémoire les propos polémiques de John Elkann.


La diminution du rôle central de l’effet de sol constitue le principal élément pouvant laisser penser que Lewis Hamilton pourrait se sentir plus à l’aise avec les F1 2026, sans pour autant constituer une assurance de performance.

Un huitième titre en rouge, et un premier titre pour Ferrari depuis 2007. Un programme pour lequel on pourrait signer. Mais un programme réaliste ? Premiers éléments de réponse en mars 2026.


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