Analyses

Qui peut battre Verstappen à voiture égale ?


Max Verstappen, quadruple champion du monde, a peut-être signé sa plus belle saison en Formule 1 depuis ses débuts. Paradoxalement, il la boucle au deuxième rang, derrière Lando Norris. Mais le Néerlandais, donné perdant à la mi-saison, a effectué une telle remontée au championnat, face à des McLaren pourtant un ton au dessus, qu’il a forcé l’admiration. Son équipier Tsunoda n’a pas survécu à la confrontation chez Red Bull. Perez avait subi à peu près le même sort plusieurs années durant avant lui. Et la liste est longue. Le pilote capable de battre Max à la régulière est-il sur la grille actuelle ?


Une longue liste d’équipiers déchus

Carlos Sainz, Daniel Ricciardo, Pierre Gasly, Alex Albon, Sergio Perez, Liam Lawson et Yuki Tsunoda. La liste des pilotes dominés par Max Verstappen est fournie. Si les deux premiers ne s’en sont pas si mal sortis, Ricciardo particulièrement, les autres ont terriblement souffert.

Yuki Tsunoda termine 17ème du classement final du championnat du monde de Formule 1 2025 avec 33 points quand le Néerlandais finit vice champion avec 421 points.

L’année précédente, alors que Verstappen était sacré champion du monde avec 437 points, Sergio Perez échouait au 8ème rang avec seulement 152 unités.

Et les chiffres ne sont guère plus reluisants pour ses équipiers si l’on remonte plus loin. Daniel Ricciardo restera le seul pilote jusque-là à l’avoir battu sur une année complète, en 2017 (ils n’ont pas disputé toute la saison 2016 ensemble), il y a plus de huit ans.



Un profil sans failles

Avec l’expérience acquise au fil du temps et la symbiose parfaite crée avec son homme de confiance, Gianpiero Lambiase, Max est devenu inaccessible, forçant l’admiration des observateurs et même des autres pilotes. Devenu une vraie référence, il ne faillit jamais ou presque et saisit la moindre minuscule opportunité qui se présente à lui.

Totalement hermétique à toute forme de pression, le fils de Jos ne connaît pas de baisse de régime. Il est à fond du premier tour des premiers EL1 de la saison au dernier tour du dernier Grand Prix.

Sous la pluie, il vole littéralement, et on a encore en mémoire un Grand Prix du Brésil durant lequel, dans des trajectoires singulières, il se jouait de ses concurrents avec une facilité déconcertante.



Une capacité à surperformer

Mais, et c’est peut-être ce qui fascine le plus, c’est aussi sa capacité à surperformer qui fait de lui un OVNI de la Formule 1. On en vient à se demander où seraient Red Bull aujourd’hui sans leur pilote « star ». L’idée qu’il serait capable de faire gagner une Ferrari ou même une Racing Bulls peut même effleurer l’esprit, tant l’écart crée sur d’autres bons pilotes à voiture peut être parfois gigantesque.

Et même lorsqu’il change de catégorie le temps d’un Week-End, comme récemment au Nürburgring en GT3, il est hors d’atteinte et s’impose avec insolence avec une vingtaine de secondes d’avances (en relai avec Chris Lulham)


Une ombre au tableau ?

S’il devait y avoir une ombre au tableau, elle résiderait sans doute dans une part de sa philosophie de la course. Pour Max, jouer avec les limites de la sportivité fait partie du jeu. Les dépasser, parfois, aussi.

Avec, il faut bien le dire, la complaisance occasionnelle d’une FIA parfois timide dans ses sanctions, le pilote Red Bull a pu ici et là flirter dangereusement avec les règles. Coups de volant agressifs, changements de ligne au freinage dans ses premières années, défenses à la limite : Verstappen s’est forgé une réputation de pilote aussi brillant que clivant. Ces manœuvres, parfois à la frontière du tolérable, lui ont permis d’imposer sa loi… mais elles lui ont aussi joué des tours. S’il existe une faille, c’est peut-être là qu’il faut la chercher.


Un profil qui rappelle parfois celui de Michaël Schumacher, pas toujours tendre en piste et qui créait des écarts comparables avec ses équipiers (dont son père fit d’ailleurs partie). Mais à la différence du pilote allemand, Verstappen n’a jamais craqué sous la pression lors d’un final de championnat du monde.


Quels pilotes pour rivaliser ?

Reste alors une question : face à un tel niveau de constance, qui, aujourd’hui, possède réellement les armes pour l’inquiéter à voiture égale ?

Le profil de Verstappen peut rappeler également Fernando Alonso, lui aussi peu coutumier des erreurs en piste et ne ratant que peu d’opportunités se présentant à lui.

  • Fernando Alonso est-il celui qui pourrait battre le quadruple champion du monde à matériel égal ? On ne le saura probablement jamais, l’hypothèse de les voir s’affronter au sein d’une même équipe étant quasiment nulle.

Par ailleurs, Fernando, du haut de ses 44 ans, a probablement laissé filer quelques centièmes de seconde et un soupçon d’appétit avec les années, même s’il n’a pas perdu grand chose de sa vista.

  • Lewis Hamilton, son rival le plus marquant, en 2021, voit les années passées également et, en attente d’un changement de règlementation peut-être salvateur, éprouve certaines difficultés. Le Britannique a toujours, par ailleurs, connu quelques baisses de forme qui ne pardonneraient pas face à un Verstappen d’une effroyable constance.
  • Charles Leclerc, considéré comme l’un des concurrents les plus sérieux de Verstappen il y a quelques années a peut-être la pointe de vitesse pour rivaliser, mais une relative propension aux erreurs en piste ces dernières années ne jouent pas en sa faveur. Là encore, des petits défauts qui se payent cher face au Batave.
  • Lando Norris, qui l’a affronté la saison passée, dans une âpre lutte pour le titre, disposait d’une McLaren particulièrement efficace et a plusieurs fois craqué sous la pression. Difficile d’imaginer qu’il ait pu rivaliser en disposant d’une monoplace identique à la Red Bull.
  • George Russell nous paraît être l’hypothétique concurrent le plus coriace. George a pris une dimension supplémentaire en 2025, après avoir dominé Hamilton chez Mercedes. Infligeant un 21/3 en qualifications à son équipier (certes débutant) et marquant deux fois plus de points au championnat, Russell a impressionné. Rapide sur le sec et le mouillé, doté d’une grande intelligence de course et peu enclin aux erreurs, le cocktail idéal est peut-être là. S’il y en a un, ce pourrait être lui.

Quant aux jeunes prometteurs, comme Bearman ou Hadjar, qui l’affrontera l’an prochain chez Red Bull, il est probablement encore un peu tôt pour dresser quelque plan sur la comète, mais qui sait si les élèves ne dépasseront pas un jour le maître ?


Laisser un commentaire