Analyses

Senna, Schumacher, Alesi … Maîtres de la pluie


La pluie a toujours été vue comme un facteur de nivellement des monoplaces lors des Grands Prix de Formule 1.
Les pilotes peuvent parfois combler une partie du déficit d’une monoplace modeste dans ces conditions.
C’est souvent sur une piste détrempée que les plus grands champions se sont illustrés.


Monaco 1984, l’éclosion d’un grand pilote

À Monaco, en 1984, alors que des trombes d’eau s’abattent sur la Principauté, Jacky Ickx, alors directeur de la course, décide d’interrompre la course par mesure de sécurité.
Un tour avant, Alain Prost, en tête, venait de se faire doubler par un jeune rookie, Ayrton Senna, au volant d’une modeste Toleman-Hart.

Le drapeau rouge aura pour conséquence d’arrêter le classement de la course au tour précédent et c’est donc bel et bien le Français qui est déclaré vainqueur.
Senna est deuxième et furieux. Mais l’essentiel est fait : son talent a éclaté aux yeux de tous. Une légende est née ce dimanche 3 juin 1984.

Un autre talent, qui n’aura hélas pas le temps de confirmer, était encore plus rapide que Senna ce jour-là.
Stefan Bellof, sur sa Tyrrell, remontait sur la tête lorsque la course fut interrompue. Il terminait troisième mais était hélas disqualifié. Il se tuera, 1 an, plus tard, sur le circuit de Spa-Francorchamps.

Ayrton Senna éclaboussa la F1 de ses aptitudes sous la pluie.
De tout temps il fut impérial dans ces conditions.
Le Brésilien dansait littéralement sous la pluie et compte plusieurs victoires mythiques sur un asphalte mouillé.


Michael Schumacher, la référence moderne

Schumacher, un « Kaiser » qui aimait aussi la pluie.
S’il y a bien un pilote qui aura marqué les années 90 et 2000 de ses aptitudes sur piste humide, c’est Michaël Schumacher.

Le Baron Rouge remporta à 23 ans sa première course dans ces conditions.
À Spa Francorchamps, en 1992, en gérant magnifiquement ses pneus, il s’impose au volant d’une Benetton Ford pourtant nettement inférieure aux Williams-Renault.

Sa victoire en 1995, toujours à Spa, est un autre monument de pilotage.
S’élançant seulement 16ème sur la grille, il se joue de ses concurrents et les remonte un par un pour s’imposer.
Non sans avoir fait montre d’une défense très agressive sur Damon Hill, son rival pour le titre.

En 1998, encore à Spa-Francorchamps – décidément – il écrase la course, sous une pluie battante, avant de percuter David Coulthard, à qui il prenait un tour, à la suite d’une incompréhension.

Il serait injuste de faire l’impasse sur le Grand Prix d’Espagne en 1996 où il remporte la première de ses 72 victoires pour la Scuderia Ferrari.
Le Kaiser atomisait le reste du plateau, reléguant son poursuivant, Jean Alesi, à plus de 45 secondes.


Max Verstappen : sur une autre planète

Max Verstappen : le plus récent, et peut-être le plus marquant, en terme de talent sur piste humide.
On ne compte plus les victoires de Max dans ces conditions.

S’il ne fallait en garder qu’une, le Grand Prix du Brésil 2016, lors de sa première saison chez Red Bull, reste un monument de maîtrise aquatique.
Le pilote se jouait de tous ses concurrents, y compris des pilotes Mercedes, en se démarquant par des trajectoires atypiques et un contrôle de sa Red Bull absolument phénoménal.

Son résultat final – troisième – ne le montre pas mais Max survolait totalement le Grand Prix en termes de rythme.
Il ne doit qu’à un mauvais timing avec la sortie de la Safety Car.


Vettel : une première victoire sous une pluie battante

Bien d’autres se jouent des conditions humides…
On vient de s’attarder sur 3 des plus grands maîtres de la pluie mais qui ne se rappelle pas de Monza 2008 et la première victoire de Sebastian Vettel, autre grand chef de la pluie ?

Au volant d’une perfectible Toro Rosso, « Seb » signait la pole position et gagnait la course sans adversité. Heikki Kovalainen, au volant d’une McLaren pourtant performante, terminait à plus de dix secondes de l’Allemand.

La France eut aussi un représentant particulièrement en verve lorsqu’il pleuvait : Jean Alesi.


Jean Alesi : la guigne incarnée

Certes, l’Avignonnais n’a pas été verni par la chance durant sa carrière, mais cela n’a pas empêché de se mettre en évidence dès que les gouttes tombaient sur la piste.

Le Grand Prix du Japon 1995 figure au chapitre de ses exploits.
Au volant de sa Ferrari, Alesi faisait un festival sur la piste détrempée.

Écopant d’un « Stop & Go » de 10 secondes pour départ anticipé, tout comme son équipier Berger, le pilote Ferrari effectuait une remontée renversante jusqu’à la deuxième place derrière Schumacher.

Malheureusement, la piste commençant à s’assécher et il perdra du terrain, avant d’abandonner sur un problème de différentiel. Classique pour le poissard Français.


Rubens Barrichello : le prince de la pluie

Protégé d’Ayrton Senna, Rubens Barrichello, dont on se rappelle davantage pour son rôle de porteur d’eau de Schumacher, avait de réelles aptitudes sous la pluie.

Démonstration à Monaco 1997 où il termine à une incroyable deuxième place au volant de sa Stewart sous le déluge.
Démonstration, aussi, à Magny-Cours, deux ans plus tard, avec une pole position, toujours pour le compte de Jackie Stewart.

Mais c’est peut-être sa première victoire lors du Grand Prix d’Allemagne 2000 qui reste sa plus belle.
Sur le circuit d’Hockenheim, Rubens, pour sa première saison chez les rouges, décide de ne pas s’arrêter pour changer de pneus, malgré une forte averse qui détrempe la piste.

Häkkinen et Coulthard se sont arrêtés pour chausser des gommes pour la pluie mais le Brésilien a su tenir avec ses pneus slicks pour couper la ligne d’arrivée en vainqueur !


Et les autres…

D’autres pilotes ont fait étalage de leurs qualités sur piste mouillée, à l’image de Jenson Button, qui s’est souvent frayé un chemin vers la première place du podium en profitant de conditions changeantes.

On pourrait aussi citer Lewis Hamilton, le septuple champion du monde, qui répond toujours présent lorsque le temps est à la pluie.

Plus curieusement, Lance Stroll, pilote plutôt modeste en temps normal, a tendance à se réveiller lorsqu’il pleut. Il l’a plusieurs fois démontré, notamment en qualifications : il signait une pole position magistrale en 2020 chez Racing Point en profitant d’une averse.


Et maintenant ?

Une chose est sûre, ce n’est pas au Qatar, le 30 novembre prochain, que l’on aura l’occasion d’assister à un Grand Prix pluvieux, mais le week-end dernier à Las Vegas, les pilotes ont pu faire étalage de leur maîtrise de ces conditions lors de la séance qualificative. Lando Norris s’en est sorti haut la main ….


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