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Isack Hadjar chez Red Bull : une montagne à gravir


Ça y est, c’est fait. Isack Hadjar est officiellement l’équipier de Max Verstappen chez Red Bull pour la saison 2026. L’annonce, très attendue, a été faite ce mardi 2 décembre via un communiqué de l’équipe autrichienne. Une officialisation qui engendre évidemment de nombreuses questions.


Un parcours fulgurant

Isack Hadjar a déjà un parcours fulgurant. Révélé par son audace en F2 puis par une première saison convaincante chez Racing Bulls, le jeune Français s’est rapidement imposé comme l’un des talents les plus prometteurs de la filière Red Bull.

Travailleur, incisif en qualification et redoutable dans les phases d’attaque, Hadjar a gagné la confiance de Milton Keynes étape après étape, jusqu’à franchir hier un cap monumental : sa promotion officielle chez Red Bull F1 pour 2026.


Un rookie qui a impressionné en 2025

Actuellement 10ᵉ du championnat du monde, le natif de Paris nous aura gratifiés de nombreuses entrées en Q3 cette saison, et d’un podium lors du Grand Prix des Pays-Bas.

Mettant son équipier Lawson sous l’éteignoir, il a reçu les éloges de Helmut Marko, pourtant généralement avare de compliments.

Après une année pour apprendre dans la Racing Bulls, Isack va entrer l’an prochain dans le vif du sujet en héritant d’un baquet que beaucoup considèrent comme maudit.


Un volant maudit ?

Et effectivement, ses prédécesseurs s’y sont à peu près tous cassé les dents. Si Carlos Sainz et Daniel Ricciardo s’en sont tirés à peu près sans encombre, les suivants ont souffert. Et le mot est faible.

Pierre Gasly, Alex Albon puis Pérez — qui, certes, avait fait illusion en 2023 — ont tous été littéralement soufflés par Max Verstappen, qui creusait des écarts approchant parfois la seconde en qualifications.

À l’évocation de cette liste peu réjouissante, il est difficile de ne pas faire preuve d’inquiétude pour le pilote français. Est-il en passe de se faire dévorer lui aussi par l’ogre Verstappen ? Les conséquences pour sa carrière en seraient vraisemblablement désastreuses.


Des raisons d’être optimistes

Cependant, il y a des raisons d’être plus optimistes. S’il devait y avoir un bon moment pour être confronté à Verstappen chez Red Bull, c’est probablement maintenant. Voici pourquoi :

  • 2026 verra l’apparition de la nouvelle réglementation, qui pourrait bien chambouler complètement la hiérarchie et remettre à zéro les rapports de force entre écuries et pilotes. Une acclimatation à de nouveaux paramètres qui sera la même pour tous et pourrait permettre à Isack Hadjar de tirer son épingle du jeu.
  • Par ailleurs, et Laurent Mekies, contrairement à Christian Horner, semble l’avoir compris, tout miser sur Max Verstappen est une erreur. Il y aura nécessairement un après-Verstappen. Celui-ci pourrait survenir dès 2027 ou plus tard, mais l’hypothèse doit entrer en jeu dans l’approche de l’équipe autrichienne. Continuer à faire de Red Bull une équipe « Verstappen » est un pari risqué si le Néerlandais venait à quitter le navire, et les tractations entreprises avec Mercedes pendant la saison 2025 font office d’avertissement.

Il va falloir préparer l’avenir et construire sur des bases saines et sérieuses avec Isack Hadjar, issu de la filière Red Bull et, de fait, destiné à faire briller la marque de boissons énergisantes.


Une montagne à gravir en 2026

Alors la tâche s’annonce, certes, ardue. Max Verstappen est un pilote au talent absolument hors norme et, de surcroît, parfaitement intégré dans une équipe Red Bull aux allures de famille. Un cocktail qui semble invincible.

Hadjar devra éviter l’erreur commise par ses prédécesseurs, à savoir essayer de battre à tout prix le quadruple champion du monde. Il lui faudra se concentrer sur l’exécution de ses week-ends, le travail avec les ingénieurs, et progresser pas à pas.

Marquer des points régulièrement devrait être son premier objectif en termes de résultats. Si Max quitte Red Bull à la fin de la saison prochaine, ce qui n’est pas à exclure, Isack sera catapulté leader de l’équipe. Un rôle qui réclame du sérieux et de la robustesse. Robustesse qu’il faudra acquérir en 2026.


A l’heure où Red Bull entame un nouveau cycle, Isack Hadjar représente peut-être plus qu’un simple pari. Sa promotion n’est pas seulement le fruit d’un talent évident, mais aussi d’une volonté, côté autrichien, d’anticiper l’avenir. L’année 2026 risque d’être rude, parfois ingrate, souvent injuste. Mais c’est précisément dans ces contextes-là que se forgent les pilotes de caractère. S’il parvient à garder le cap, à ignorer la comparaison permanente avec Verstappen et à construire son propre chemin, Hadjar pourrait bien transformer ce défi immense en véritable opportunité. Rien n’est gagné, mais tout est possible — et c’est probablement ce qui rend cette nomination si captivante.


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