Portraits

Jusqu’où ira Fernando Alonso ?


Il y a exactement 25 ans, un jeune pilote espagnol s’apprêtait à faire ses grands débuts en Formule 1 dans la modeste écurie Minardi. 425 Grand Prix (record officiel), 32 victoires et 2 titres plus tard, Fernando Alonso est toujours là. Il reviendra à Melbourne, en mars, pour disputer la première manche de la saison avec le même appétit qu’en 2021. Un Alonso qui fait office de papy face aux Bearman, Antonelli ou Lindblad, mais qui n’a rien perdu de son talent.



Deux titres mais des choix de carrière discutables

Deux titres mondiaux, c’est bien plus que beaucoup pourraient espérer, mais on peut penser que c’est peu, eu égard au talent de Fernando Alonso, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs pilotes de la F1 moderne. Deux titres qui auraient pu facilement être trois, quatre ou cinq, si les planètes s’étaient mieux alignées chez McLaren puis chez Ferrari.

Peut-être aussi que ses choix de carrière ont pesé lourd dans la balance. Alonso s’est rarement trouvé au bon endroit au bon moment. Passé proche du titre en 2010 et 2012 chez Ferrari, l’Espagnol a ensuite touché le fond lorsqu’il rejoint McLaren, en 2015, porté par un projet ambitieux avec Honda, mais qui s’avérera catastrophique. A tel point qu’il qualifiera de « GP2 engine » le moteur Honda, lors d’un échange radio à Suzuka. Un affront qui ne passera pas chez les Japonais et qui laissera des traces.

Son caractère volcanique et certaines décisions de carrière contestées ont d’ailleurs aussi participé à construire la légende Alonso.



Un pilote dominateur et increvable

Au sortir d’une saison difficile avec Aston Martin, le bilan personnel chez les verts reste pour l’heure éblouissant. Fernando a même terminé quatrième du championnat du monde 2022 avec 8 podiums. Il a aussi atomisé son équipier Lance Stroll. Un 24-0 en qualification l’année passée qui illustre parfaitement le rapport de force interne avec celui qui est pourtant le fils du patron.

A bientôt 45 ans (le 29 juillet prochain), on se demande quand arriveront les premiers signes de fléchissement, que l’on voit généralement lorsqu’approche la quarantaine. Michaël Schumacher, Kimi Raikkonen ou, récemment, Lewis Hamilton, ont semblé perdre de leur superbe avec les années.

Fernando Alonso, lui, attaque toujours comme un beau diable, ne commet que rarement des erreurs en piste, et saisit chaque opportunité qui se présente à lui, lorsque la stratégie ou la guigne ne s’en mêlent pas. Il a un peu ce profil à la Max Verstappen, à ne jamais rien lâcher. A l’exception de Lewis Hamilton en 2007 et Esteban Ocon en 2021, il a dominé tous ses équipiers au championnat. De Felipe Massa à Lance Stroll en passant par Jenson Button ou Kimi Raikkönen, tous ont subi la loi de l’Espagnol.



A quand les premier signes de vieillesse ?

N’a-t-il réellement rien perdu de ses capacités et de sa vitesse ? Difficile d’être affirmatif, d’autant qu’il a pour référence Lance Stroll depuis trois ans. Lance Stroll qui n’est, certes, pas un manche, mais l’un des pilotes les plus irréguliers du paddock. Or c’est à matériel identique qu’on peut juger pleinement du niveau des uns et des autres.

Une confrontation avec un pilote un peu plus capé serait intéressante mais le Canadien est soudé à son baquet, de par sa proximité familiale avec le directeur de l’équipe.

Toujours est-il qu’il est rarement pris en défaut.

L’opportunité d’un troisième (et dernier ?) titre pointe timidement le bout de son nez en 2026 avec une monoplace entièrement conçue sous la direction d’Adrian Newey, dont le CV fait état de nombreuses Formule 1 dominatrices.


Un dernier titre avec le coup de pouce d’Adrian Newey ?

Certes Aston Martin ne partira pas favorite mais l’hypothèse que Newey ait dessiné une F1 taillée pour le titre n’est pas complètement utopique. L’exemple Brawn GP en 2009 est encore dans toutes les mémoires et si le contexte était différent, l’introduction de la nouvelle réglementation, propice aux changements de hiérarchie, pourrait bien offrir son lot de surprises.

Si la nouvelle Aston Martin se révélait à la hauteur, ce diable de Fernando serait bien capable, du haut de ses 45 ans, de renouer avec le titre mondial. Sera-t-il alors enfin prêt à tirer sa révérence ?

En attendant, il l’a dit, dès les premiers signes tangibles de vieillesse, il raccrochera son casque. Reste à voir si ces signes arriveront en 2026 ou à l’occasion de ses 50 ans.

Une chose est sûre, ce record de longévité et de compétitivité ne sera pas battu de si tôt et Fernando Alonso nous régale encore et toujours en piste et même en dehors.


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