Pedro Diniz, de l’argent et une pointe de vitesse
Pedro-Paulo Diniz est encore aujourd’hui parfois considéré comme l’un des pilotes les plus faibles de l’histoire de la Formule 1. Or, en se penchant un peu plus sérieusement sur ses résultats, le bilan de sa carrière apparaît plus contrasté. Rien qui ne laisse penser que l’on avait sous le nez un grand pilote en puissance mais il subsiste quelques belles performances face à des pilotes talentueux dont un champion du monde. Il était plus qu’un simple pilote payant.
Débuts douloureux avec Forti
C’est avec un palmarès pour le moins léger dans les formules de promotion mais le soutien indéfectible de la marque Parmalat que Pedro fait ses débuts en Formule 1, chez Forti.
L’équipe brésilienne débute en même temps que son pilote et la monoplace se révèle catastrophique. Les voitures, d’une livrée jaune avec des jantes vertes attirent l’œil mais ne brillent pas. Elles sont même reléguées à parfois plus de 10 secondes en qualifications et luttent avec les Pacific pour les deux dernières lignes de la grille.
Impossible de se mettre en évidence avec un tel matériel. Diniz et son expérimenté équipier Roberto Moreno font ce qu’ils peuvent. Néanmoins, Pedro, largement dominé lors des premières manches, commence à battre son compatriote en qualifications. Si bien qu’en fin de saison, c’est un score en sa faveur de 9 à 8 dans l’exercice du tour rapide.
Le pilote brésilien signe même le meilleur résultat de l’écurie en terminant 7ème à l’occasion du dernier Grand Prix de la saison, à Adélaïde, profitant certes d’un grand nombre d’abandons.
Premiers points chez Ligier
Le soutien de Parmalat lui permet de rejoindre Ligier l’année suivante, où il fait équipe avec Olivier Panis. La saison est bien difficile pour le natif de São Paulo mais il entre dans les points à deux reprises. L’écart au championnat avec son équipier, vainqueur à Monaco, reste élevé : 2 à 13.
Le bilan de cette saison 96 n’est donc pas mirobolant mais meilleur que prévu.
En 1997, Pedro suit Tom Walkinshaw chez Arrows et devient l’équipier du champion du monde sortant, Damon Hill.
Chez Arrows face au champion du monde en titre
Alors qu’on s’attend à le voir écrasé par le Britannique, il fait plutôt bonne figure, avec notamment quelques coups d’éclats comme sa huitième place en qualifications à Spa-Francorchamps, circuit de pilotage, et devance à quelques reprises son prestigieux équipier en qualifications. Il marquera au final 2 points. Là encore, la correction attendue n’a pas eu lieu, même s’il fut dominé sans discussion. Reste que le Brésilien a limité la casse face à un champion du monde qui monopolisait l’attention de son team. Une vraie surprise.
L’année suivante, Diniz reste chez Arrows et accueille un nouvel équipier : le convaincant Mika Salo, avec lequel il va faire jeu égal au championnat, avec trois points, au volant d’une Arrows décevante et peu fiable. Il sera en réalité un peu dominé par le Finlandais mais supportera bien la comparaison. Il confirme ainsi qu’au-delà d’un apport financier conséquent, son coup de volant n’est pas mauvais et fait de lui un bon investissement pour Arrows.
Les années Sauber
Il part chez Sauber en 1999 et rejoint Jean Alesi. Il réussit l’exploit de terminer devant l’Avignonnais au championnat avec 3 points à 2. Certes, Alesi a, comme à l’accoutumée, été plusieurs fois trahi par sa mécanique et le rapport de force était à son avantage pendant l’année. Néanmoins, Diniz le devance à cinq reprises en qualifications et fait preuve de beaucoup d’application et de sérieux.
Toujours chez Sauber en 2000, il retrouve son ex équipier de chez Arrows, Mika Salo. Ce dernier le bat nettement au championnat en marquant 6 points tandis que Pedro n’en inscrit pas un seul. Il parvient malgré tout à battre 6 fois le Finlandais dans l’exercice des qualifications et n’aura pas démérité dans ce qui restera sa dernière saison.
Des discussions avec Prost qui n’aboutissent pas
En pourparlers avec Prost pour la saison suivante, d’abord en tant que pilote, puis finalement en tant qu’actionnaire, les tractations échouent et on ne reverra plus Pedro Diniz en Formule 1. Il fera par la suite affaire dans l’agriculture au Brésil.
On garde de Pedro Diniz un souvenir contrasté d’un pilote payant et qui doit son volant à ses soutiens financiers, mais force est d’admettre que le pilote brésilien a su travailler et s’appliquer pour se mettre au niveau et de tenir son rang honorablement. S’il n’a jamais figuré parmi les meilleurs pilotes du monde, il n’a pas à rougir de sa pointe de vitesse. Il restera l’image d’un pilote sympathique, sérieux et auteur de quelques coups d’éclat ici et là.
Pedro Diniz en quelques chiffres
Nombre de Grand Prix disputés : 98
Premier Grand Prix : Brésil 1995
Dernier Grand Prix : Malaisie 2000
Nombre de saisons en F1 : 6
Ecuries successives : Forti (1995), Ligier (1996), Arrows (1997-1998), Sauber (1999-2000)
Meilleur résultat en qualifications : 8ème à Spa-Francorchamps en 1997
Meilleur résultat en course : 5ème au Luxembourg en 1997 et à Spa-Francorchamps en 1998
Meilleure position occupée en course : 3ème à Spa-Francorchamps 1997 pendant deux tours
