Hockenheim 94 : le chaos au Grand Prix d’Allemagne
Le Grand Prix d’Allemagne 1994 reste encore aujourd’hui l’une des courses les plus chaotiques de l’histoire de la Formule 1. Retour sur le Grand Prix d’Allemagne 1994 à Hockenheim, une course restée célèbre pour ses accidents en chaîne et l’incendie spectaculaire de Jos Verstappen.
Un départ apocalyptique à Hockenheim
C’est peu après l’extinction des feux que le calvaire commençait sur l’asphalte brûlant du circuit de Hockenheim, alors dans sa configuration longue.
Plusieurs pilotes se percutaient à l’arrière de la grille. Andrea de Cesaris, Alessandro Zanardi, Michele Alboreto et Pierluigi Martini terminaient leur course sur le bas-côté avant même d’avoir franchi le premier virage.
Devant, c’est Mika Häkkinen qui semait la zizanie en touchant Coulthard et Blundell puis, dans une réaction en chaîne, Irvine accrochait Frentzen et Barrichello, qui sortait de la piste en tentant de se frayer un passage au milieu des débris.
Häkkinen sera sanctionné très lourdement pour cette action : il sera exclu du Grand Prix suivant, à Budapest, Philippe Alliot prenant sa place dans la McLaren Peugeot.
Ce sont ainsi 10 voitures qui étaient au tapis dès les premiers mètres d’un Grand Prix d’Allemagne qui débutait de façon chaotique. Contre toute attente, le drapeau rouge n’était pas brandi et la course continuait ainsi, amputée de près d’un tiers de ses participants.
Jean Alesi, poursuivi par une guigne tenace, s’ajoutait à la liste des abandons dans le premier tour et rangeait sa Ferrari 412T1 sur le bas-côté.
Son équipier Gerhard Berger en profitait pour prendre la tête de la course devant Michael Schumacher et un surprenant Ukyo Katayama sur sa Tyrrell Yamaha, ainsi que la Ligier de Panis, rarement vue à pareille fête cette année-là.
Comme si cela ne suffisait pas, les deux Williams de Damon Hill et David Coulthard devaient passer par les stands à cause de dégâts liés aux incidents du départ et repartaient en fond de classement à près d’un tour du leader. Coulthard finira par jeter l’éponge au 17ème tour tandis que Hill terminera 8ème et dernier.
Katayama disparaissait malheureusement dès le 6ème tour à cause d’un tête-à-queue et laissait Olivier Panis prendre la troisième place.
Catastrophe dans les stands avec l’incendie de Verstappen
Mais c’est au 16ème tour que se produisait l’impensable. Alors que Jos Verstappen s’arrêtait pour son premier ravitaillement, l’essence jaillissait du tuyau d’alimentation et la Benetton s’embrasait instantanément, créant la panique dans l’allée des stands. Plus de peur que de mal pour le Néerlandais, mais cet incident allait mener à la découverte par la FIA d’un système illégal utilisé par Benetton jusque-là.
Les affaires de Benetton ne s’arrangeaient pas puisque Michael Schumacher, alors deuxième, abandonnait sur un problème moteur, mettant fin à ses espoirs et à ceux du public allemand.
Un podium historique avec Berger et les pilotes Ligier
La course consacrait finalement Ferrari pour la première fois depuis le Grand Prix d’Espagne 1990. Les deux Ligier-Renault d’Olivier Panis et Éric Bernard terminaient cette course incroyable aux deuxième et troisième places, devant un autre tir groupé des Footwork de Christian Fittipaldi et Gianni Morbidelli, 4ème et 5ème. Erik Comas, qui ne nourrissait pas le moindre espoir dans les longues lignes droites de Hockenheim avec son petit V8 Ford, coupait la ligne d’arrivée au 6ème rang avec un point à la clé.
Ce Grand Prix d’Allemagne 1994 reste comme l’un des plus chaotiques de l’histoire de la Formule 1 avec un double accrochage dès le départ qui décimait près d’un tiers de la grille. Une course riche en rebondissement qui permettait aux sans-grades de marquer des points.
Ce fut aussi l’occasion de l’unique podium en Formule 1 d’Eric Bernard et le dernier point marqué d’Erik Comas et l’écurie Larousse dans la catégorie reine.
A lire aussi :
