Analyses

Il y a 4 ans : le Grand Prix d’Abu Dhabi 2021


En 2021, le circuit de Yas Marina à Abu Dhabi fut le théâtre d’un des chapitres les plus dramatiques de l’ère moderne. Lewis Hamilton perdait le titre de champion du monde suite à une décision controversée de Michael Masi, le directeur de course. Un Grand Prix dont on parle encore beaucoup aujourd’hui.



Hamilton revenu du diable vauvert

Lewis Hamilton avait refait une énorme partie de son retard en arrivant à Abu Dhabi, après trois victoires au Brésil, au Qatar et en Arabie Saoudite. Il était à égalité de points avec Max Verstappen, auteur d’une saison remarquable malgré plusieurs polémiques après des manœuvres en piste discutables face au Britannique.

Le final de cette saison 2021 promettait d’être haletant. La tension qui régnait à l’extinction des feux était à son paroxysme. Max Verstappen était en pole position, devant Lewis Hamilton.

Ce dernier effectuait un envol impeccable et franchissait le premier virage en tête avec le Néerlandais en embuscade dans son aileron arrière.


Le premier affrontement

Dès la fin du premier tour, Verstappen se décale et fonce tête baissée dans le premier virage en élargissant exagérément sa trajectoire, obligeant Hamilton à sortir de la piste en coupant. Lewis, en tirant tout droit, reprenait la tête.

Une première action qui vaudra des discussions animées entre Michael Masi et les deux directeurs de Red Bull F1 et Mercedes, Christian Horner et Toto Wolff. Aucune enquête ne sera finalement ouverte, les commissaires jugeant que Verstappen n’avait pas laissé d’espace mais que Hamilton avait récupéré sa première place en passant hors piste.

Le septuple champion du monde, nullement impressionné par ces intimidations, creusait alors l’écart sur le pilote Red Bull, en proie à des problèmes de sous-virage et rendant jusqu’à une seconde au tour. La cause semblait entendue et le Britannique filait vers la victoire, synonyme de 8ème titre mondial.


Perez, la « légende » de Max Verstappen

Au quinzième tour, Lewis Hamilton entre dans la ligne des stands pour chausser des gommes neuves. Il ressort deuxième à onze secondes de Pérez et c’est alors que les stratèges du team Red Bull décident de laisser le Mexicain, équipier de Verstappen, en piste pour ralentir Hamilton.

Chose que ce dernier fait admirablement, plusieurs tours durant, en se défendant bec et ongles face au pilote Mercedes. L’écart diminue alors drastiquement, ce qui vaut à Max Verstappen ces propos devenus célèbres à la radio : « Checo est une légende« .

Hamilton finit par faire sauter le bouchon Pérez mais en un peu plus de deux tours, ce dernier a fait fondre la confortable avance de Lewis, désormais réduite à une seconde et demie.


Les neutralisations : VSC puis Safety Car

Las, une fois le numéro 44 à nouveau dans l’air libre, il creuse à nouveau un écart substantiel mais un premier rebondissement survient au 36ème tour avec une Virtual Safety Car suite à l’arrêt en piste de l’Italien Giovinazzi sur son Alfa Romeo.

Un fait de course qui ne permettra pas à Max Verstappen de refaire son retard et lorsque la VSC prend fin, la course reprend son cours. Hamilton reprend du champ. Il devrait rafler un huitième sacre à Abu Dhabi.

Mais coup de théâtre au 52ème tour : Nicolas Latifi écrase sa monoplace dans le mur de protection et s’immobilise en pleine trajectoire ! La Safety Car est de sortie pour permettre aux commissaires de dégager la carcasse de la Williams en piteux état. Le pilote canadien allait devenir, bien malgré lui, un des acteurs principaux de la bataille pour le titre de champion du monde de F1 2021.

Mercedes commet alors l’erreur de ne pas en profiter pour chausser des gommes neuves à l’inverse de Red Bull qui appelle Verstappen aux stands.



Polémique autour de Michael Masi

Mais c’est au 57ème tour que se scelle le sort des deux protagonistes de la saison, lorsque Michael Masi autorise les cinq retardataires intercalés entre Hamilton et Verstappen à se dédoubler.

Ils retrouvent ainsi leur place en queue de peloton et laissent donc les deux duettistes au contact. Mais incompréhension : Masi n’attend pas que les retardataires aient rejoint le reste du peloton pour relancer la course, comme le prévoit le règlement, et décide de relâcher les bolides en furie, ce qui met Hamilton dans une situation quasi désespérée, chaussé de pneus usés à l’inverse de Verstappen, chaussé de gommes neuves.


Le dernier tour décisif

La course reprend donc dans le 58ème et dernier tour. Après quelques virages durant lesquels Hamilton tente vainement de résister avec ses pneus démolis, Verstappen colle Hamilton, profite de l’aspiration sur la petite ligne droite qui mène à la première épingle et plonge à l’intérieur. Hamilton lui laisse à peine la largeur d’une voiture mais Max force le passage, ça passe.

Dans la longue ligne droite derrière, Verstappen zigzague pour casser l’aspiration et garder Lewis derrière. Il passe l’enchaînement suivant un peu en glisse, ce qui offre une opportunité au pilote Mercedes, DRS ouvert, pour tenter quelque chose avant le virage n°9. Hamilton se décale à droite, arrive roue contre roue, mais ne peut pas freiner plus tard : il manque de grip et doit s’incliner.

Verstappen file vers son premier titre mondial, après un renversement de situation invraisemblable et une controverse, bien justifiée, suite à la décision de Michael Masi qui n’a tout bonnement pas respecté le règlement, alimentant un favoritisme envers le pilote Red Bull à Abu Dhabi.


Après Abu Dhabi

Michael Masi quittera ses fonctions dans les semaines suivant le Grand Prix, sans explication, après avoir été, par son non-respect des règles, l’homme providentiel pour Max Verstappen qui, à 24 ans, coiffe sa première couronne mondiale et entre dans l’histoire.

Lewis Hamilton semblera particulièrement affecté d’avoir perdu un titre qui aurait dû lui revenir dans le déroulement régulier des opérations et qui suscite aujourd’hui encore une vive polémique.

Selon certains observateurs, sa baisse de régime qui suivi, en 2022, est à attribuée au coup au moral subit ce jour-là. Une hypothèse que nous nous garderons bien de valider.


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