Oscar Piastri : « j’espère que nous seront traités à égalité »
Lors de la conférence de presse d’après-Grand Prix, Oscar Piastri a relancé le débat sur l’égalité de traitement chez McLaren. Une phrase laissant entendre que Norris aurait bénéficié d’un avantage sportif cette année. Le Britannique étant désormais champion du monde, cette déclaration remet en lumière la question de l’équité interne au sein de l’équipe.
Des propos qui mettent le feu aux poudres
Oscar Piastri déclarait hier après la course qu’il espérait davantage d’équité au sein de McLaren pour l’an prochain, laissant entendre que ce ne fut pas pleinement le cas cette saison. L’Australien rendait néanmoins hommage à son équipier, reconnaissant sa solidité et la qualité de son année.
« Ça reste Lando Norris, ce n’est pas Superman et je ne pense pas que son titre va changer quelque chose. J’espère qu’il y aura de l’équité au sein de l’équipe. Je ne suis pas inquiet, je pense vraiment que ça ne modifiera rien. Mais oui, Lando a fait une très grosse saison cette année et, au final, il a fait un meilleur travail. »
La consigne de Monza : point de rupture sportif et mental
Le rapport de force entre les deux coéquipiers a basculé très soudainement à Monza, à l’issue d’un Grand Prix d’Italie marqué par la polémique. Après un arrêt au stand raté qui a fait repasser Norris derrière Piastri, McLaren a demandé à l’Australien de laisser passer son équipier. Frustré par cette décision, Piastri l’avait exprimé après la course, et c’est à partir de ce moment-là qu’il a traversé une période difficile.
Plus une seule victoire en six courses, et même plus un seul podium. Oscar a enchaîné contre-performances et erreurs, notamment une sortie de piste à Bakou et un accrochage lors du Sprint d’Interlagos, mais aussi plusieurs qualifications manquées, à bonne distance de Norris, qui lui engrangeait des points et montait en puissance.
Piastri traverse une période noire
Certes, Piastri a redressé la barre au Qatar et à Abu Dhabi, mais c’était trop tard et son avance s’était déjà envolée. De 31 points d’avance sur Norris et plus de 100 sur Verstappen au soir de Monza, l’Australien termine finalement à 13 points de son équipier et à 11 du quadruple champion du monde.
Entre Bakou et Las Vegas, pendant que Norris marquait 97 unités et que Verstappen en inscrivait 136, Piastri ne cumulait que 42 points. Une chute statistique aussi nette qu’inattendue, qui ne peut que susciter des interrogations.
La question du matériel : un aileron avant qui divise
L’introduction d’un nouvel aileron avant à Austin, installé uniquement sur la voiture de Norris, a pu accentuer l’impression d’un traitement prioritaire en interne. Ce choix technique n’a pas manqué d’alimenter la polémique autour du statut des deux pilotes chez McLaren et d’entretenir l’idée d’une hiérarchie implicite au sein de l’équipe.
Une monoplace plus adaptée à Norris ?
Plusieurs observateurs ont également évoqué une explication plus technique à cette baisse de régime. Les évolutions apportées à la McLaren à partir d’Austin auraient modifié légèrement le comportement de la voiture, notamment dans les phases de faible adhérence et dans la gestion de pneus usés.
Norris semblait mieux s’adapter à ces réglages, tandis que Piastri a reconnu avoir dû “revoir la manière dont il pilotait” sur certaines courses, ce qui peut aussi expliquer ce décrochage soudain au classement.
D’après les ingénieurs de McLaren, la MCL39 penche vers un comportement favorisant les faibles appuis et pneus usés. Un compromis aérodynamique conçu pour maximiser la vitesse dans les virages rapides, mais qui rend la voiture sensible en phase de faible adhérence.
Selon eux, c’est dans ces conditions que le style plus fluide de Norris s’exprime mieux.
La question du favoritisme chez McLaren
La consigne de Monza était-elle justifiée ? McLaren cherchait surtout à réparer son erreur, après avoir handicapé Norris avec un arrêt au stand trop long qui lui avait coûté une place au profit de Piastri. La décision pouvait paraître injuste, mais un précédent existe : le Grand Prix d’Australie 1998, lorsque Coulthard avait dû rendre sa place à Häkkinen après une erreur d’équipe similaire.
Il serait hasardeux d’accuser McLaren de favoritisme. Cependant, il n’est pas impossible que le soutien apporté à Lando Norris ait été plus marqué, que ce soit à travers des décisions internes, la gestion stratégique ou simplement l’élan naturel d’un pilote lancé vers le titre.
