Pourquoi McLaren est parti en pneus intermédiaires au Canada ?
Pour la première fois depuis longtemps, McLaren a totalement sombré. Aucune voiture dans les points, un abandon pour Lando Norris, une course brouillonne pour Oscar Piastri et surtout une décision stratégique qui a complètement détruit le Grand Prix des deux pilotes dès les premiers tours : Montréal a rappelé à quel point la Formule 1 peut basculer en quelques minutes quand les conditions deviennent piégeuses.
Et pourtant, contrairement à ce que beaucoup pensent, McLaren n’a pas simplement “raté sa stratégie”.
Pourquoi McLaren est parti en pneus intermédiaires au Canada
Vu de l’extérieur, le choix semblait absurde. Alors que la majorité du plateau avait finalement opté pour les slicks au départ, McLaren a décidé d’envoyer Norris et Piastri en pneus intermédiaires sur une piste encore humide par endroits. Quelques tours plus tard, les deux pilotes repassaient déjà aux stands, donnant immédiatement l’impression d’un énorme fiasco stratégique. Mais en réalité, le pari n’était pas totalement délirant.
Les conditions évoluaient extrêmement vite avant le départ. La pluie avait fortement arrosé le circuit quelques minutes avant la mise en grille et plusieurs pilotes avaient énormément souffert pour simplement rejoindre leur emplacement sur la grille. Piastri lui-même a expliqué après l’arrivée que la piste était encore très piégeuse à ce moment-là.
Le problème, c’est que Montréal a changé brutalement en quelques minutes.
La pluie s’est arrêtée presque immédiatement. La trajectoire a commencé à sécher beaucoup plus vite que prévu et les pneus slicks sont rapidement devenus la meilleure option. D’un seul coup, McLaren s’est retrouvée piégée avec une stratégie devenue inutile quasiment avant même le premier tour. Et pourtant, pendant quelques secondes, le pari a presque fonctionné.
Norris avait compris le plan : provoquer le chaos
Le départ de Lando Norris a été impressionnant : grâce à ses pneus intermédiaires, le Britannique a immédiatement trouvé plus d’adhérence que ses rivaux dans les premiers virages et s’est propulsé en tête dès le premier tour. Pendant un instant, McLaren a même semblé avoir eu un coup de génie. Et à une averse près, c’eut été un coup de génie !
Mais le plan reposait sur une variable essentielle : le chaos. Norris l’a reconnu lui-même après la course. L’équipe espérait une voiture de sécurité rapide ou quelques gouttes supplémentaires capables de prolonger l’avantage des pneus intermédiaires. Avec une neutralisation au bon moment, McLaren aurait potentiellement pu chausser des slicks sans perdre énormément de terrain.
“Un peu plus de pluie, 1 % de plus, et ça nous aurait beaucoup plus convenu.”
Sauf qu’à Montréal, absolument rien n’a tourné dans leur sens. La piste a séché trop vite. Les slicks sont montés rapidement en température. Et McLaren s’est retrouvée hors stratégie presque immédiatement.
Piastri a ensuite complètement perdu sa course
Comme si cela ne suffisait pas, Oscar Piastri a ensuite vécu un dimanche cauchemardesque.
Déjà repoussé dans le peloton après son arrêt précoce, l’Australien a fini par heurter Alex Albon après un freinage manqué dans le trafic. Une erreur qu’il a immédiatement reconnue après l’arrivée.
“J’ai freiné trop tard pour éviter Alex. Je suis désolé pour lui.”
Le contact a provoqué l’abandon d’Albon et valu une pénalité au pilote McLaren, définitivement sorti de la lutte pour les points.
McLaren n’avait probablement pas le rythme de toute façon
Et c’est peut-être le détail le plus inquiétant. Même sans cette stratégie ratée, Norris et Piastri reconnaissent que McLaren ne semblait pas réellement capable de jouer la victoire à Montréal. Les températures très basses ont clairement perturbé le fonctionnement de la MCL40 tout au long du week-end, notamment dans les phases de mise en température des pneus.
Norris a même admis après la course :
“Je ne pense pas que nous avions le rythme nécessaire aujourd’hui.”
Après plusieurs week-ends extrêmement solides, Montréal marque donc un vrai coup d’arrêt pour McLaren. Une course ratée stratégiquement, des erreurs en piste, un abandon mécanique et surtout une sensation inhabituelle : celle d’une équipe complètement dépassée par les événements pendant plusieurs heures.
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